Une symphonie (mél)odieuse résonne dans ma tête. Errant dans les pièces sombres, je rêve à un festin.
Festin, ce mot doit être écrit en rouge.
Je sens la présence de la Lune et devine que le jour s'est enfui. J'arrache les rideau noirs et pourpres, et les rayons nocturnes pénètrent en moi. Contrairement à ceux de cette saloperie de soleil, ils ne me brulent pas la rétine, ne me consument pas la peau.
Ils sont doux, mais ne peuvent étancher ma soif.
Je m'assois dans un fauteuil de satin. J'observe la poupée de verre et de porcelaine qui me tient compagnie. Elle aussi, a un c½ur glacé.
Mais elle ne connais pas la soif.
La solitude est dangereuse pour l'âme. Elle l'étouffe, la cloitre, la vide. Il y a bien longtemps qu'une créature vivante a passé le seuil de ma demeure. Quelque centaines de milliers d'années d'éternité, au moins.
Si longtemps que je me meurs.... De soif.
Je me lève précipitamment et saisie une lame.
"Mal, c'est Mal."
Je l'approche de mon bras.
"Tu demeureras Maudite. Tu seras souillée."
Je dessine sur ma peau de R du Regret.
""Ça ne suffit plus. Tu paieras."
Je n'écoute plus cette foutue poupée depuis bien longtemps. Elle ne peut pas comprendre.
Comprendre ma soif.
Je plante mes canines dans mon propre poignet. Et je bois, ce sang amère qui est le mien. Je bois jusqu'à m'en vider, jusqu'à en vomir. Puis je tombe sur le sol.
Toujours assoiffée.
Je demeure là quelques secondes, quelque heures, quelques années. Je sais que l'Astre veille sur moi. Peut-être a t-il pitié? Car j'entends un bruit sourd. Je me relève est me dirige vers l'entrée. Devant ma porte se trouve un être. De chair et de sang. Je ne le sais pas si homme ou femme, mais je le sais humain.
Un étancheur de soif.
Il me suis dans une des chambres. Ses trais sont fins, ses vêtement en lambeaux et sont visage pâle. De cette pâleur lunaire. Sa magnificence saisie mon c½ur et l'étrangle.
Lui insufflant des sentiments qu'il avait depuis longtemps oublié.
Je me jette à sa gorge.
Je vais boire ton sang, Trésor.
Je vais te tuer, mon Amour.
Dans l'autre pièce, la poupée hurle et se brise.
Et moi, je n'ai plus soif.